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18 Mai 2012, St Eric

PASSION MALAMUTE

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Originaire de Kotzebue Sound sur la côte nord-ouest de l’Alaska, le malamute tient son nom d’une tribu esquimaude, les Mahlemuts. Vivants dans une contrée hostile, pauvre en végétation et soumise à des températures extrêmement froides, la survie de cette tribu dépendait grandement de leur chien. Les Mahlemuts comptaient sur eux non seulement pour la chasse qui se déroulait souvent loin de la maison mais aussi pour rapporter ces grandes proies à travers les larges étendues de toundra gelée. Les chiens capables de ce travail devaient être puissants, musclés, instinctifs, résistants et endurants ; des caractéristiques bien plus importantes que la vitesse. Grâce à ces chiens parfaitement taillés pour le transport de lourde charge, les Mahlemuts n’avaient pas besoin de grands attelages pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Les malamutes sont en effet des chiens très musclés dont le métabolisme efficace demande moins de « carburant » que ce qu’on attendrait chez un si grand animal.

 


Au-delà d’avoir simplement pris le nom de leur famille humaine, les malamutes d’Alaska sont devenus les véritables miroirs de ces gens qui partageaient leur vie. Les chiens et les humains ont évolué ensemble à travers des siècles, gardant les caractéristiques essentielles qui favoriseraient l’interdépendance à laquelle leur survie mutuelle était liée. Des exemples de ce phénomène existent dans chaque aspect de la vie des Mahlemuts. Par la force des choses, la tribu des Mahlemuts était d’infatigables travailleurs. La plus grande insulte qu’ils pouvaient faire à leur chien était d’attendre de lui qu’il reste assis, inexploité, ou pire, de le laisser à la maison quand vient le moment de partir à la chasse. Les Mahlemuts savaient que leur survie se basait sur la coopération et le travail d’équipe. Leurs chiens comprenaient également que tout le monde devait travailler ensemble pour la survie des membres canins et humains de l’équipe. Les Mahlemuts étaient forts et indépendants, et bien sûr, tels étaient également leurs chiens. Sur la glace, les hommes avaient plus confiance en l’instinct de leurs chiens qu’en le leur, et plaçaient donc leur propre vie dans les « pattes » de leurs chiens.


Même dans la vie de tous les jours, les hommes et leurs chiens se ressemblaient, plus particulièrement encore dans les relations avec  les enfants. Les Mahlemuts aimaient les enfants et les traitaient avec douceur et respect. Les chiens liaient également des liens forts avec les jeunes du village, ce qui donna naissance à leur amour légendaire pour les enfants qui reste encore une des plus remarquables caractéristiques de la race actuelle.


Que ce soit dans le travail ou dans leur façon de concevoir la vie, la tribu des Mahlemuts n’aurait pas pu survivre sans leurs chiens, qui non seulement ont rendu leur vie possible mais qui, sans nul doute, ont également éclairé leur vie.


Que les Mahlemuts attachaient une grande valeur à leur chien, cela va sans dire. Mais pendant que beaucoup traitait leur chien presque comme des membres de la famille (en tous cas d’une bien meilleure façon que la plupart des autres hommes de l’Arctique ne traitaient leurs chiens), la vie était très rude pour ces hommes et ces chiens. Les deux devaient faire face aux cruelles réalités de l'existence de tous les jours. Lorsque la nourriture était rare, les chiens souffraient comme les hommes. Etant à la merci du climat et du terrain parfois traître et souvent dangereux, quand les chiens se conduisaient mal ou n’arrivaient pas à aller jusqu’au bout de leur travail, on leur donnait rarement une deuxième chance.


Néanmoins, le lien qui existait entre ces chiens et les Mahlemuts était unique et l’estime que ces hommes avaient pour leur compagnon était authentique. Cela n’a pas échappé aux premiers explorateurs qui s’aventurèrent en 1800 dans ce coin du monde éloigné, inconnu, immense et gelé. Après leur arrivée, ces aventuriers ont chanté les louanges de ces chiens qui, comme tant d’autres chiens de l’Arctique, n’étaient pas seulement des partenaires de survie mais aussi des animaux de compagnie.


Les chiens furent immortalisés dans les journaux de bord de ces nouveaux arrivants qui ne purent résister à la beauté de ces animaux, à la chaleur de leur personnalité et au lien qu’ils développaient avec leur maître. En effet, alors que ces chiens du nord, que ce soit les malamutes, les huskys ou les samoyèdes, devaient être endurants et durs, ils étaient également infiniment loyaux aux hommes. L’immortalité que ces chiens du nord trouvèrent dans ces premiers écrits n’était que le commencement.     


Le ruisseau d’explorateurs qui vint en Alaska dans les années 1800 devint une marée avec la découverte d’or en 1986. Comme cela arrivait partout où le mot « or » était prononcé, l’Alaska et le Yukon furent bientôt inondés par les hommes à la recherche de richesse, attirés par les rumeurs de pépites de la taille du poignet qu’on trouvait à même la plage et par les histoires de Jack London.


Pendant que la plupart des prospecteurs cherchaient les services de chiens de transport ("freighting dog", appellation généralement donnée aux malamutes dans le temps) et que beaucoup d’entre eux commençaient à tuer le temps en organisant des compétitions de traction de lourde charge entre les chiens, ce sont les courses de chiens qui furent suivies avec le plus d’enthousiasme.


Alors que les malamutes avaient dignement gagné le titre de premier chien de transport d’Alaska, le métier de chien de course était plus taillé pour des chiens plus petits et légers qui pourraient atteindre des vitesses plus grandes que le malamute. Par conséquence, on lui préféra le husky de Sibérie. De part leurs ressemblances, le malamute est d'ailleurs souvent pris par erreur pour le husky, pourtant plus léger, plus petit et délicat. Avec une tête plus large, une taille presque deux fois plus grande, et un tempérament plus calme que son comparse le husky, le malamute est resté un meilleur chien de transport que de course.


Au fur et à mesure du 20ième siècle, la force, la résistance, le courage et le cœur du malamute parvinrent aux oreilles de ceux qui organisèrent les expéditions au pôle sud de l’amiral Richard E. Byrd en 1933. Des malamutes furent recrutés parmi les chiens qui participèrent à ces voyages du bout du monde ; beaucoup d’entre eux souffrirent de blessures, de maladies et connurent une fin funeste. Cependant, tous savent que le succès de ces explorations n’existerait pas sans ces chiens.


En 1915, l’armée française fit appel aux chiens de traîneaux d’Alaska pour ravitailler leur troupe dans l’est de la France où les voies de ravitaillement étaient bloquées par la neige trop épaisse. Près de 400 chiens partirent donc pour la France et constituèrent la première armée canine nommée K9 (phonétiquement en anglais « kanine »)! Soixante équipages composés d’un traîneau et de 7 chiens furent formés pour la mission et Scotty Allan, l'un des plus grands musher d'Alaska de tout les temps, enseigna, lui-même, la pratique du chien de traîneau aux soldats français. Grâce à leurs efforts, ils apportèrent 90 tonnes de munitions à une unité bloquée dans les Vosges et aidèrent l’armée française à rétablir le contact avec un détachement précédemment isolé par les allemands. Ils transportèrent également bon nombre de blessés jusqu’aux hôpitaux de campagne. De nombreux chiens furent blessés et périrent au combat mais tous eurent droit aux honneurs de la presse française et américaine ! Les chasseurs alpins français qui avaient travaillé avec ces chiens, n’ont pu s’empêcher de lier des liens d’affection très fort avec ceux-ci et la plupart les gardèrent à la fin de la guerre.


Au début du vingtième siècle, la race n’était plus ce qu'elle était à cause des nombreux croisements effectués par les chercheurs d'or, avec d'autres races de grande taille (comme les Saint Bernard par exemple), toujours en constante recherche de grands chiens de transport. Ils affaiblirent le sang d’origine des malamutes d’Alaska et diminuèrent grandement la population d’origine de la race. Heureusement, cette situation fut rectifiée à temps pour sauver la race et préserver le sang d’origine ainsi que toutes les caractéristiques qui font le malamute d’Alaska !


Aujourd’hui, la malamute d’Alaska porte toujours le bagage de ses ancêtres. Il continue de se délecter d’une vie de meute, de rechercher la compagnie des hommes et de développer une affinité toute particulière envers les enfants. Il continue d’exceller comme chien de traîneau et de s’épanouir alors que le thermomètre descend en dessous de zéro. Et surtout, il continue à chercher l’aventure dans sa vie quotidienne! Réussir dans la relation avec son malamute, demande donc à la personne qui entreprend cette aventure d'apprendre l’histoire de ce chien et de respecter toute sa signification. Le malamute moderne doit être regardé dans la lumière du malamute d’origine ; l’un ne va pas sans l’autre. Quelqu’un qui veut faire cet effort, qui partage le même esprit sauvage et aventureux de cette ancienne race sera la personne avec qui le malamute se sentira le mieux et sera un homme plus qu’heureux de vivre avec ce magnifique animal.   

Source : http://whitefangmalamute.joomla-host.be/index.php/accueil

Tags associés : histoire, malamute, alaska

J'kaz !
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Samedi 20 Décembre 2008Poster un commentaire
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